Le Bleu du ciel

de Georges Bataille
Mise en scène d'Ivan Stanev (Bulgarie / Allemagne)

Scénographie Kerstin Eichner et Ivan Stanev
Musique Marc Lingk
Traduction Jadja Wolf
Direction technique et lumières Jörg Bittner et Stefan Neumann

Avec Alexandra Bahr, Josephin Graf, Grischa Kofman, Lazare, Malte Rudhart, Jeanette Spassova, Krylon Superstar, Brigitte Zeh & Gästen.

Spectacle créé le 24 novembre 2000 à la Sophiensæle (Berlin, Allemagne)

Coproduction Sophiensæle (Berlin, Allemagne), La Rose des Vents (Villeneuve d'Ascq, France), Sénat de Berlin (Allemagne), THEOREM (association soutenue par le programme Culture 2000 de l'Union européenne)

"Le Bleu du Ciel est écrit par Georges Bataille en 1935 et paraît en 1957. Le roman commence à Londres, traverse Vienne et Paris, saisit les premiers événements de la guerre civile à Barcelone, rêve de Leningrad, songe à la face obscène de la Révolution russe et s’achève à Francfort-sur-le-Main, à l’endroit même où la Jeunesse hitlérienne débute sa marche "vers des temps nouveaux"... L’histoire et les ambiances dont ce roman témoigne sont étonnamment actuelles, à l’heure où les États-Unis d’Europe nous forcent précisément à revenir sur l’éclatement de la seconde guerre mondiale. La surpuissance de la pensée économique, la renaissance de l’extrême droite en Allemagne, le Front national en France, l’effondrement du "socialisme réel" en Europe de l’Est, la guerre ethnique en Ex-Yougoslavie, la reprise du Manifeste de Karl Marx comme pensée polémique de la nouvelle globalisation économique… toutes ces tendances donnent une idée de ce que pourrait être une communauté des peuples en Europe et dans le monde…
Dans cette confusion des réalités et des sentiments, l’individu faible trouve de nombreuses chances de survie.
L’une d’entre elles est l’hédonisme, cette projection érotique de soi, cette idéologie stupide d’une jeunesse affamée d’expérience, que "mort et abomination" viendront inéluctablement recouvrir.
Porter Le Bleu du Ciel sur la scène, c’est montrer tout l’excès et toute la bêtise de cette pensée impatiente. C’est rire de cette angoisse de mort, qui joue à se faire peur, et que TS Eliot nomme la "force paralysée" ou le "geste sans mouvement". Comme un couteau de boucher, le théâtre tranche la partie inconvenante du visage de l’acteur ; comme un Picasso, il la recoud de façon difforme et sanglante. Diverses langues, une extrême tension entre les êtres, les sexes, les sentiments, les opinions et les comportements créent une atmosphère d’un cruel comique, une inquiétude comparable à la décharge qui précède une violente tempête.
Il ne s’agit pas d’une adaptation théâtrale du roman, mais seulement d’une version raccourcie du texte original, à laquelle s’ajoutent des projections de films sur la vie quotidienne à Londres, Paris, Vienne et Leningrad dans les années 1935, des images de la guerre civile à Barcelone et des documents de la Jeunesse hitlérienne."

Ivan Stanev.

Voir le site Internet d'Ivan Stanev (en allemand) : www.ivan-stanev.de